LES TESTS DE DÉPISTAGE D’ALZHEIMER

La maladie d'Alzheimer n’est pas décelable immédiatement. Insidieuse, elle s’installe progressivement dans le cerveau âgé durant plus d'une vingtaine d'années… avant qu'apparaissent des symptômes probants.

Souvent, le diagnostic, et donc la prise en charge, arrivent tardivement. La mise en place d’un dépistage précoce est donc un enjeu de taille.

Les tests de dépistage de la maladie d'Alzheimer, un outil indispensable.

L'objectif de ces tests de dépistage est d'établir un diagnostic probant de l'évolution potentielle de l'état cérébral des patients, avant qu'ils n'atteignent le stade de la démence et de la dépendance caractéristiques de la maladie d'Alzheimer ; autrement dit le plus tôt possible.
Les chercheurs ont en effet découvert que les premières lésions cérébrales pouvaient apparaitre  vers 30-40 ans, pour ne révéler les premiers symptômes de la maladie que 25 à 30 ans plus tard ! La recherche s'est donc penchée urgemment sur des moyens de dépistage précoce, d'autant plus que la maladie risque de s'étendre considérablement avec le vieillissement de la population.

La nécessité de plusieurs tests de dépistage d'Alzheimer pour se prononcer

Se baser sur un seul test de mémoire n'est évidemment pas suffisant pour déterminer si une personne est atteinte ou non de la maladie d'Alzheimer. Le Pr Bruno Dubois (INSERM, Hôpital de la Salpêtrière Paris), avec une équipe de chercheurs, s'est donc penché sur le problème : le but est d'élaborer toute une série de tests permettant de détecter les « anomalies de la fonction amnésique».
Les tests se basent ainsi sur plusieurs domaines d'études : neurophysiologie, tests de mémoire (analyse du processus de mémorisation : enregistrement, stockage, restitution de l'information), neuro-imagerie (IRM) et détermination de marqueurs biologiques, qui mesurent les variations des neurotransmetteurs. Selon le Pr Dubois : « le croisement des résultats de ces tests, même s'ils ne sont pas fiables à 100%, permet de détecter la maladie à un stade précoce ».

Un test de dépistage d'Alzheimer en 20 minutes ?

Tout récemment, il semblerait qu'un test de dépistage précoce de la maladie en 20 minutes ait été élaboré par une équipe de chercheurs français de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Il s'agit là de la première méthode de dépistage précoce « fiable et reproductible par imagerie cérébrale ». L'idée est d'utiliser l'imagerie du cerveau (IRM) pour analyser l'épaisseur de la matière grise des patients, le cortex, une zone particulièrement atteinte par la maladie. Cette technique, mise au point par l'équipe du Dr Celsis, a l'avantage d'être simple, rapide et surtout prometteuse, même si elle est encore actuellement en cours d'étude.
Les méthodes actuellement utilisées dans les « Consultations mémoire»
Dans le cadre des plans Alzheimer successifs, le gouvernement a incité à la création des « consultations mémoire » pour favoriser le dépistage précoce de la maladie. Il en existe plus de 300 en France.

Ouverts à toute personne présentant des troubles de la mémoire et/ou des troubles cognitifs (raisonnement, jugement, compréhension...), ces lieux d'examens et d'accompagnement proposent une évaluation complète de l'état cérébral des patients : bilan clinique, évaluation psychologique, examens biologiques et examens d'imagerie médicale. Ces bilans permettent de rassurer la personne, ou alors de déterminer avec fiabilité l'existence d'un syndrome démentiel, et d'envisager sa prise en charge (suivi thérapeutique, aide à la dépendance, accompagnement des aidants, groupes de paroles...).
Ces Consultations mémoire sont réalisées soit en hôpital, soit auprès de neurologues libéraux, en partenariat avec les médecins généralistes. En cas de diagnostic complexe, les patients sont dirigés vers les Centres Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR).